En navigant sur notre site internet, vous acceptez l'utilisation de cookies.

J'accepte

Château Fontvert: visite du domaine et dégustation dans le Luberon

Château Fontvert: visite du domaine et dégustation dans le Luberon

On débarque !

C’était le printemps, et on se serait presque crus en été. Toute la team s’est retrouvée de bon matin au domaine de Fonvert, qui s’appelle Château Fontvert malgré l’absence dudit château ! Ceci dit, il y en a un pas très loin, puisqu’on se trouve à Lourmarin, sur le passage entre le grand et le petit Luberon. Et le domaine possède tout de même un superbe mas du 17 ème siècle qui fait plus de 800m2 !

On part dans les vignes

Après un petit café (il est encore tôt), et un sauvetage de coccinelle, toute l’équipe, accompagnée de Patrice, l'agent du domaine, monte dans la jeep. La balade commence avec les vignes les plus proches des bâtiments. Yoann est au volant. Ingénieur en agronomie, il a fait ses premières vendanges sur le domaine en 2003, une année difficile à cause de la canicule. Il guide depuis le domaine vers la biodynamie, et connaît les parcelles, toutes très différentes, comme sa poche.

On découvre les parcelles

Les premières que l’on traverse sont les parcelles de grenache blanc et noir, plantés sur un sol profond et fertile où il n’y a pas de problème de sècheresse. Ces raisins sont utilisés dans la production des blancs et rosés, avec le vermentino (pour le blanc) et le cinsault (pour le rosé) notamment. Yoann nous précise qu’on retrouve aussi parfois le cinsault dans le rouge, pour faire baisser le degré d’alcool et apporter du fruit.

Nous continuons la visite avec les vignes plantées sur des sols de caillasses et de molasses, où les vignes souffrent plus : le rendement y est plus faible, et ces vignes produisent des rouges plus concentrés.

C’est aussi ici que l’on trouve les pieds les plus vieux du domaine, des syrah de 50 ans, ce qui est assez rare pour ce cépage.

Yoann nous explique qu’il peut y avoir 15 jours de retard dans les vignes d’autres domaines au nord du Luberon, qui sont aussi plus sujettes à la grêle. Mais côté sud où nous nous trouvons, c’est le secteur le plus précoce, où l’on peut faire du mourvèdre. Ce cépage tardif est réputé difficile à faire mûrir dans le coin.

Pourtant, le domaine est constitué de parcelles assez proches, ce qui facilite les vendanges, mais présente aussi un risque : en cas de problème climatique, c’est toute la récolte qui est en danger.

On remonte en voiture pour aller un peu plus loin, vers une parcelle où le sol est cette fois sablonneux, léger, avec beaucoup d’eau. Ici, Yoann nous explique que les vignes vont permettre de produire des rosés et des blancs fins et élégants. On s’étonne de voir qu’à des distances de 100 mètres seulement, les sols peuvent être si différents.

On parle Biodynamie

Le domaine est travaillé en biodynamie au maximum. Toute la viticulture respecte la charte Demeter, mais ce n’est pas toujours le cas pour la vinification car c’est plus difficile. Ceci dit le rouge a obtenu le label Demeter, depuis 2014.

Pour travailler en biodynamie, l’échange avec d’autres vignerons est indispensable, et le domaine fait partie d’une association appelée les Bio Dyn Dingues Donc. Elle regroupe 8 domaines de la Vallée du Rhône et 4 du Languedoc.

Un consultant en biodynamie aide aussi parfois le domaine. Yoann nous explique que l’on a aujourd’hui plus d’expérience et de recul sur les difficultés dans les vignes que dans la vinification en biodynamie.

Sur la vigne, on applique ce que les autres ont testé. On peut par exemple utiliser des décoctions de prêle pour réduire le cuivre. Le label Demeter autorise 3kg de cuivre par an (c’est 6kg en bio), et le domaine n’en utilise que 2 au maximum. Mais Yoann sait que certains domaines arrivent à baisser à moins d’un kilo, et c’est ce qu’il voudrait faire également.

En ce qui concerne la vinification, il faut essayer des choses. Avec sa formation d’ingénieur, Yoann est toujours à la recherche de nouvelles techniques pour éviter les ajouts de produits chimiques dans les vins. Il nous explique qu’il travaille sur une technique de débourbage par flottaison, avec de l’azote qui fait remonter les bourbes à la surface de la cuve. On évite ainsi l’ajout d’enzymes. Mais le fait de garder des bourbes peut aussi parfois aider à la fermentation.
Une autre technique à l’étude pour aider à la fermentation serait de réincorporer des lies (l’écorce des levures mortes) d’une année sur l’autre. Une technique qui a sa connaissance n’a encore été testée nulle part.

On s'intéresse au surgreffage

Yoann nous montre une parcelle de 3000 m2 en friche qui servira bientôt à de nouvelles plantations, avant de nous conduire vers d’autres parcelles un peu plus haut. Ici, il nous explique les avantages des greffes. Il nous montre du carignan planté en 1962 qui avait été surgreffé en 2005 avec du mourvèdre.

L’intérêt de ce genre d’opération est de garder l’appareil racinaire. Le pied d’origine n’a alors aucune influence sur le nouveau cépage. Cette parcelle donne 700 à 800 bouteilles par an : il s’agit du Mourre Nègre (nom du point culminant du massif du Luberon), leur meilleure cuvée.En 2014 le domaine a surgreffé 3000m2 de grenache noir en mourvèdre, afin d’augmenter les quantités de production pour cette cuvée. Cela demande beaucoup de travail car chaque semaine, il faut attacher le greffon qui pousse.

On apprend l’existence du « gang des mexicains », qui travaille dans de nombreux domaines pour faire du surgreffage, tant cette pratique est utile et répandue ! Dès l’année suivant le surgreffage on obtient en général une récolte de bonne qualité. Dans le cas contraire, le raisin est utilisé dans les rosés.

On visite le chais

Après cette visite du domaine, Yoann nous fait entrer dans les bâtiments pour parler vinification. Ici, on trouve des cuves en béton thermo-régulées, utilisées pour la vinification, l’assemblage et la maturation. Les cuves inox ou plastique servent au stockage principalement.

On découvre au milieu des cuves une machine « vintage » dont il nous explique le fonctionnement. On y place des plaques de cellulose pour filtrer les vins. Le blanc et le rosé y passent deux fois, le rouge une fois. Cela permet d’enlever du dépôt et d’affiner gustativement. On retire l’astringence et l’amertume car on enlève les lies, les levures, le tartre, les bourbes… la filtration permet aussi de rendre les blancs et rosés bien clairs, d’éviter qu’ils soient troubles. Pour le rouge, l’opération est délicate car on risque de rendre le vin creux, et maigre, en ne gardant que de la structure. On pratique donc une filtration très légère.

Nous avançons ensuite jusqu’au chais, où les rouges sont séparés des blancs et rosés. La température est constante dans le chais pour les rouges, alors que pour les blancs et rosés, on la baisse pendant la fermentation.


Yoann nous explique que les barriques neuves vont donner des saveurs toastées, vanillées, ainsi que du gras et de la sucrosité.
Le passage par les chais nous permet de goûter le contenu d’un certain nombre de barriques, pour mieux se rendre compte des différences. Yoann utilise une sorte de pipette géante qui permet de prélever du vin dans les barriques.

On déguste !

Et puis la visite étant terminée, on passe en mode apéro, avec une dégustation plus sérieuse mais dans une ambiance moins studieuse ! Les rosés sont parmi les premiers de la saison que nous dégustons, et ils donnent bien envie de se mettre sérieusement à la sélection pour le printemps ! Fabrice, le propriétaire et Mickael qui commercialise les vins, nous rejoignent pour manger un bout.

Fabrice, goûte avec nous les rosés pour voir comment ils ont évolué: « ce sont des vins vivants, ils ont leurs humeurs. »

On termine cette chouette journée avec quelques photos souvenir au soleil devant le petit lac du domaine, et en parlant du Festival Yeah, qui a lieu début juin à Lourmarin et que tout l’équipe nous recommande !

Avant de partir, on n'oublie pas de charger quelques cartons de Château Fontvert, les Restanques, pour que vous puissiez en profiter en magasin ! Un dernière regard sur le beau visage de Lourmarin et retour au bercail, avec de beaux souvenirs plein la tête et les papilles.

Et vous, quelles sont vos cuvées préférées de Château Fontvert ? Toute notre sélection disponible ici !

Laisser un commentaire

Tous les champs sont obligatoires

nom:
E-mail: (Non publié)
Commentaire: